Les images présentées ci-dessous sont uniquement des extraits d'une série plus longue.
N'hésitez pas à me le demander pour la regarder dans son entièreté. 

Le nom et le choix de ce sujet, aussi bien que le contexte du shooting entretiennent tous un fort lien avec la notion de mythe(s), de figures. Ne serait-ce que Carmen, si célèbre histoire qui a pour héroïne une femme légendaire, parfois fatale selon certains, forte, fière et libre selon d’autres, mais marquante sans aucun doute. Elle est devenue représentative de l’Espagne et particulièrement de l’Andalousie, peut être de manière caricaturale. Comme le Flamenco, art si caractéristique de la même région qui est parfois aujourd’hui réduit à la notion de Folklore, qui possède pourtant une histoire dense. Le rôle des femmes n’a cessé d’y évoluer au cours des décennies, elles ont obtenu leur propres solo, comme les hommes en ont toujours eu le droit, commencé à porter des pantalons pour danser parfois mais aussi brillé à l’international avec des figures comme Carmen Amaya, autre homonyme.
Il s'agit aussi pour moi de mieux m’approprier mes origines familiales, qui seulement aujourd’hui commencent à resurgir dans ma vie. Ma famille qui a fuit Franco et la guerre civile, mon arrière grand-père républicain qui venait d’un village près de Grenade, mon arrière grand-mère, Palmyra, qui d’après ce qu’on m’en a raconté avait de longs cheveux noirs et qui tous deux écoutaient sans cesse de la musique provenant de leur pays si cher. Qui y sont revenus pour leur retraite. Ils ont nommé une de leur fille Carmen. Cette série de photographies fait au moins partie du parcours intérieur que j’essaye de tracer pour connaître et comprendre mon héritage familial.
Alors je cherche ces femmes. Qui sont ces femmes qui portent la tradition Espagnole de nos jours en France ? Qui sont les Carmen d’aujourd’hui ? Certainement pas un cliché, un “démon” comme la surnommaient nombres d’hommes intellectuels de l’époque (notamment parce qu’elle fumait des cigarettes). Mais des humaines touchantes, qui dans cette école de Flamenco nommée La Buleria avec qui j'ai réalisé le projet, forment une communauté et sont liées à travers leur pratique, tandis qu'elles portent l'héritage de nos ancêtres. 
Peuvent-elles me rapprocher de mon arrière grand-mère et de ma grande tante ? 
Peut-être même de moi-même, d'une enfance que je n'ai pas eu, privée du contact avec mes origines.
Pour le savoir j’ai eu besoin d’aller à leur rencontre, de passer ce moment photographique avec elles.
© Iris Garnier
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